| " TOURISME et LOISIRS au PERE HILARION " |
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La CROIX DES
CARMES au milieu des tranchées avant Juin 1915 ******** ![]() Ci-dessus, couverture du livre Classe 15 d'Albert Pillard - dessin de L.Charve |
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![]() Après le 8 juin 1915 , la Croix est descendue au cimetière du Pétant où elle y scellée. A gauche, quelques combattants " posent " devant la Croix qui vient d'être conquise après les durs <<< combats du 8 juin. A droite, la Croix des Carmes, telle qu'elle se présentait après la fin des hostilités >>> |
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| LA
CROIX DES CARMES - HAUT LIEU DES
COMBATS AU BOIS-LE-PRÊTRE
Situé
sur l'un des points les plus élevés du massif du Bois -
le - Prêtre, à 375 mètres,( le plus
élevé - 381 m.- se
trouvant à l'est au-dessus de la route forestière du
Père Hilarion), le lieu-dit de la Croix des Carmes (comme le Quart en Réserve ) va
devenir un objectif stratégique pour la conquête du bois
et la maîtrise des voies d'accès à l'ouest que sont
le front de Haye et la Woëvre. Avec à l'est le "Mouchoir "
et le Père Hilarion jusqu'au Haut de Rieupt, et à
l'ouest le Quart en Réserve, l'Eperon Hors-Bois et le plateau de
Fey-en-Haye, la 73ème division d'infanterie va avoir à faire
face, avec la Croix des Carmes, à une centre de
résistance et d'affrontement d'une violence extrème. C'est dans le secteur de la Croix des Carmes , qu'eu lieu le 8 juin 1915, la dernière grande offensive de la 73ème D.I. Ce jour-là, après une longue préparation d'artillerie et la mise à feu de 7 fourneaux de mines, le commandant Rozier, à la tête de deux bataillons { 3/167ème et 5/346ème } progresse sur 3 lignes de tranchées ( 50 à 100 m.). La croix passe dans les lignes françaises. Le 4 juillet, les allemands reprennent le terrain qu'ils avaient perdu. Mais la glorieuse croix de bois n'est plus là. Elle est au cimetière du Pétant. ************************** #... je sais que vous pensez à toute minute aux deux grosses poutres entrecroisées d'un bois mal équarri et qui, - pendant combien de mois ? - sont restées entre eux et nous. Car, s'ils ont brisé les merveilles de Reims ; s'ils ont anéanti Louvain et Arras ; par contre, dans le bois Le Prêtre où plus un arbre n'a ses branches, nos ennemis nont pas abattu cette croix noire qui se détachait sur le ciel mélancolique de la Lorraine, cette croix toute simple et sans art, placée là jadis par quelques pénitents ou pèlerins venus on ne sait d'où, qui se dressait sous un continuel ouragan de métal, comme la preuve immuable que l'on ne bombarde pas un idéal, et que, le temple étant démantelé,il y a quand même et toujours la Foi qui tient. # Texte de Jean VARIOT, témoin, combattant du 169ème R.I. Extrait de son livre " La CROIX des CARMES " publié en 1916. ******************* # ... Pâle, livide, le front glacé d'une sueur froide, il avance en trébuchant comme un homme ivre... Mais il ne veut pas tomber là. Il lutte, il résiste, les dents serrées dans un suprême effort de volonté et d'énergie. - Où sommes-nous ici ? demande-t-il à son compagnon. - Nous arrivons à la croix des Carmes. La croix des Carmes... Là-bas, Maurice aperçoit la croix noire qui, au-dessus des tranchées, étend ses bras déchiquetés, comme pour une éternelle bénédiction...La croix des Carmes... Symbole sacré qui unit en ces lieux maudits, le destin des hommes au destin d'un Dieu... Comme le Christ au calvaire, chancelant sous sa croix, les poilus suppliciés s'en vont en silence, souffrant des mêmes tortures, avant de mourir, comme lui, de la même agonie sanglante, dans le désespoir parfois, du même cri répété : " Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m'avez-vous donc abandonné ?..." .# Texte d' Albert PILLARD, témoin, combattant 73ème D.I. Extrait de son livre " CLASSE 15 " publié en 1931 ******************** Dans ces deux extraits de texte de combattants du Bois-le-Prêtre, qui ont vu et côtoyé la croix des Carmes, on ressent très bien la dimension symbolique et spirituelle que cette croix a prise aux yeux des "poilus" et l'attachement émotionnel qu'ils éprouvaient à son égard, au point de la sortir du sol au matin du 9 juin 1915 et de la transporter à l'abri, loin de l'ennemi, au cimetière du Pétant, où reposaient déjà beaucoup d'entre-eux. Nombreux furent les combattants des régiments présents qui prélevèrent, en souvenir, un petit morceau du bois de la croix. Erigée à l'arrière des lignes, loin des combats , la croix de bois des Carmes n'aurait vraisemblablement que peu attiré l'attention des combattants. Mais dressée entre les deux camps, au milieu des tranchées, là où la violence des combats a pris une dimension encore peu commune à cette époque, la croix est devenue l'illustration vivante de leurs souffrances. D'où la détermination, après la fin du conflit, des "Loups du Bois-le-Prêtre" de vouloir immortaliser là le monument à la gloire de la Croix des Carmes et, surtout, de leurs camarades tués ou blessés dans ce périmètre, et, plus largement au Bois - le - Prêtre |
| Le
monument de la Croix des Carmes est le coeur historique et
emblématique des violents combats qui se sont
déroulés au Bois - le - Prêtre depuis le fin de 1 9
1 4 jusqu'en août 1 9 1 5. A l'origine, une simple croix de
bois entre les lignes qui a focalisé toutes les souffrances des
combattants. Puis, le monument actuel, inauguré en 1 9 2 3 , et
qui est devenu un lieu de commémoration hautement symbolique de ces lieux. |
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![]() <<< Le monument de la Croix des Carmes en 1927 ***************** A quelques mètres derrière le monument, aujourd'hui entouré de végétation, on peut voir une pierre gravée à l'endroit précis où se trouvait l'ancienne croix de bois longtemps entre les lignes. |
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![]() Le monument, inauguré le 23 septembre 1923, est l'oeuvre de Victor Prouvé, dessinateur et sculpteur de l'Ecole de Nancy, de P. Charbonnier, architecte et du sculpteur H. Bachelet. A cette époque, la décision a été prise d'inclure dans la pierre du monument les restes déjà beaucoup abimés de la croix d'origine, et aujourd'hui disparue, rongée par les intempéries. Seule reste de 1915, la petite plaque de cuivre gravée. |
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Aujourd'hui,
une simple croix de bois, réplique symbolique de la croix
des combats de
1914 et 1915, rappelle le souvenir de l'ancienne
croix des Carmes déchaux et veille sur les 5.200
combattants de
la Grande Guerre inhumés au cimetière militaire national de Montauville.
Sous la croix, l'ossuaire central, avec l'obélisque inaugurée en 1935. Cette nécropole nationale est, par ailleurs, dans sa partie basse, consacrée aux victimes du conflit 1939-1945, dont le monument intitulé " Sur la route de l'exil ", que l'on n'aperçoit pas sur cette photographie, dédié à la mémoire des combattants morts en exil. |